Les messages clairs à l’école – Étape 1 : les batteries

Lorsque l’on souhaite instaurer un climat scolaire apaisé et créer des habitudes de bien vivre ensemble en classe, les messages clairs sont un outil incontournable.

 

Mais comment les instaurer simplement et de manière efficace et durable?

 

Je vous propose ici une démarche globale, empruntée en majeure partie à la Discipline Positive et qui comprend :

1- Connaitre son niveau d’énergie = les batteries

2- Connaitre le vocabulaire des émotions = cadran des émotions

3- Comprendre le fonctionnement du cerveau et du centre des émotions = cerveau dans la main

4- Créer un espace temps de pause

5- Créer la roue des choix des conflits = élaborer les messages clairs

6- S’entrainer aux messages clairs

 

Concrètement les batteries c’est quoi?

Sur une première séance de 30 minutes, l’idée est déjà d’expliquer aux élèves, que symboliquement, on peut avoir dans notre corps, une batterie, une pile, comme on en trouve dans les jouets, smartphones, tablettes … quand cette batterie est pleine, tout va bien, on peut fonctionner bien et longtemps et plus on se sert de ce jeu, de ce téléphone, plus la batterie se vide jusqu’à complètement se vider si on ne la recharge pas.

Quand la batterie de mon téléphone est vide, il s’éteint. Quand moi, humain ma batterie est vide, je peux faire une crise et perdre le contrôle de moi.

Quand la batterie de mon téléphone est vide, je la recharge en rebranchant mon chargeur. Quand moi, humain, ma batterie est vide, je dois la recharger en prenant soin de moi.

Messages clairs - Bien vivre à l'école - Éducation nationale - Sandrine Franceschi

 

Ok, mais ça veut dire quoi prendre soin de moi?

Une fois cette explication faite, dans une deuxième étape, demandez à vos élèves de dessiner leur batterie et leur niveau d’énergie à l’instant T sur leurs ardoises par exemple.

Demandez -leur ensuite ce qui les a amener soit à perdre de l’énergie, soit à rester très en forme si leur batterie est pleine.

Vous pouvez alors collecter leurs réponses sur 2 affiches : une « + : ce qui donne de l’énergie » et une « – : ce qui prend de l’énergie »

Dans les + vous aurez des réponses comme manger, dormir, faire du foot, faire des maths, lire, voir mes copains … et dans les – des réponses comme courir, faire des maths, les disputes, le bruit …

Noter que « faire des maths », comme « jouer au foot » et bien d’autres peuvent se retrouver dans les 2 listes. L’occasion aussi de lancer une discussion de qui a raison et qui a tort? Personne, tout le monde est différent et ce qui me fait du bien à moi n’est pas la même chose que ce qui te recharge toi 😉

 

Et si je suis complètement à plat, je fais quoi?

Vous pouvez ensuite demander à ceux qui ont leur batterie presque vide, de dire de quoi ils auraient besoin pour remonter leur niveau d’énergie d’un cran (pas remplir la batterie entière, mais juste un cran) en précisant qu’il faut trouver des idées faisables, en classe et même depuis sa chaise, son bureau. Vous pouvez avoir des réponses comme « poser ma tête entre mes bras », « aller dans le coin repos » (s’il y en a un dans la classe, sinon nous en parlerons dans un prochain article), « aller boire », « dessiner pendant le prochain temps d’autonomie … » autant d’idées qui viennent s’ajouter à la liste des « + »

 

Et après on fait quoi?

Comme exercice pratique je vous recommande de faire, une fois par jour, le dessin des batteries sur les ardoises et de compléter les listes de + et – commencées à la première séance.

Le faire ainsi et régulièrement permet à chacun de prendre conscience de soi, de savoir qu’il y aura un temps de la journée pour s’intéresser à soi et à son énergie, permet aussi pour ceux qui en ressentent le besoin de s’exprimer sur leur état émotionnel. Cela vous permet enfin aussi de « prendre la température » de votre classe.

Bien évidement, vous, enseignants, faites partie de cet exercice 😉 . Dessinez vous aussi votre batterie et partagez avec eux vos + et -.

 

Quel rapport avec les messages clairs?

1- Ces observations affichées, permettent POUR SOI MÊME
– de mieux se connaitre afin de mieux prendre soin de soi
– d’avoir « sous les yeux » et donc potentiellement plus facilement accessibles pour le cerveau, des idées et solutions pour se reposer, se rebooster et ce même quelques minutes depuis sa place dans la classe.
Que l’on soit adulte ou enfant, PRENDRE SOIN DE SOI, est la base de l’auto-gestion et de l’auto-régulation, la base du bien vivre avec les autres.

2- Ces observations affichées, permettent ensuite POUR LES AUTRES
– de mieux connaitre les autres membres de la classe
– plus d’empathie les uns envers les autres, plus d’indulgence, plus de compréhension
– de s’entraider : quand quelqu’un en forme sait qu’un autre camarade l’est un peu moins, il peut s’inspirer de sa liste « + » pour lui redonner un peu d’énergie … les bases de l’empathie, la solidarité, l’entraide.

 

Et l’étape suivant c’est quoi?

Quand on se sent suffisamment à l’aise avec cette première pratique, on est maintenant prêt pour l’étape 2 : développer le vocabulaire émotionnel 🙂

 

Retrouvez plus d’informations sur la page Éducateurs et sinon je répondrai avec plaisir à vos questions en commentaires ou par mail franceschisandrine@gmail.com ou au 07-68-08-60-10

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