Comment survivre aux devoirs ?!

 

 

Aaaaaaah les devoirs … plus j’accompagne et je parle avec des parents, plus je me rends compte qu’arrivée l’heure des devoirs, chez presque tout le monde, ça ressemble à ça !

Mon enfant refuse de faire ses devoirs. Parents dépassés. Discipline poisitive

Alors aujourd’hui, je m’attaque à ce fléau parental et je vais faire de mon mieux pour tenter de vous sauver du « meilleur moment de votre journée ». Je lance donc …

LE PLAN DE SURVIE POUR L’HEURE DES DEVOIRS

 

1 – Prendre conscience que ça ennuie (et encore le mot est faible 😛 ) tout le monde!

Pourquoi cette séance de devoirs est si difficile? Que ça remonte aux séances de devoirs de notre enfance ou pas, je crois surtout que c’est pénible parce que personne n’a envie d’être là, devant ces fichus cahiers, en fin de journée, quand ce que l’on a surtout envie de faire c’est jouer, se reposer ou se détendre après une déjà bonne grosse journée de travail ou d’école. Et il me parait très clair que les parents sont autant saoulés que les enfants et vice versa !

En plus, ces devoirs doivent souvent être faits à un moment où il y a aussi un milliards d’autres choses à faire comme les courses, le repas, les lessives … et j’en passe. Donc pour peu que nos enfants n’y mettent pas du leur, trainent, aient des difficultés à comprendre … le stress monte monte monte, on perd très vite patience et tout le monde fini en crise!

Discipline positive Lyon. Sandrine Franceschi. Parents dépassés par les devoirs

Mais pour autant, il faut les faire ! Ou en tous cas, il serait préférable de les faire mais après je laisse chacun juge de l’utilité des devoirs … là n’est pas le débat. Peu importe qu’on soit pour ou contre, aujourd’hui notre vie c’est devoirs à partir en fin de journée. Alors 2 options : soit je continue à me taper la tête contre les murs et à devenir hystérique à chaque séance de devoirs, soit je change !

2 – Faire une recherche de solutions ensemble, être à l’écoute et lâcher-prise

 

On l’a déjà évoqué pour parler du coucher ou des temps en famille, en Discipline Positive, on prône plutôt l’échange, la collaboration et la cohésion plutôt que d’imposer une routine, une méthodologie ou un mode de fonctionnement. Sur ce principe là, on a donc fait avec notre « grande », au CP à l’époque, un genre de réunion au sommet avec à l’ordre du jour « Comment mieux vivre le moment des devoirs? » L’idée, était donc tout simplement de lui poser des questions, d’écouter ses réponses et de discuter ensemble de si c’est acceptable et applicable…

a – L’état d’esprit

Qu’est ce que tu penses des devoirs? Est ce que c’est utile? Est ce que c’est important? Pourquoi crois-tu que les enseignants donnent des devoirs?

Ces questions permettent donner un sens et un but à la séance de devoirs et de voir dans quel état d’esprit se trouve l’enfant vis-à-vis de ces devoirs (les solutions vont ensuite dépendre et être différentes d’un enfant à l’autre selon cet état d’esprit). Notre fille par exemple, nous a répondu qu’elle savait « que c’était pour apprendre plus de choses et mieux comprendre mais que c’était quand même nul et qu’elle ne voulait quand même pas les faire parce qu’elle avait déjà assez travaillé à l’école! »

b – Les ressentis

Comment tu te sens toi pendant ces devoirs? Est ce que tu passes un bon moment? Est ce que tu trouves ça difficile? Si oui, qu’est ce que tu trouves difficile? Est ce que tu voudrais que l’on change ça? Et, comme dit plus haut, c’est un échange alors les parents expriment eux aussi à ce moment là leurs ressentis.

Sa réponse chez nous : « Un bon moment alors là pas du tout! J’aime pas ça faire les devoirs. Déjà j’ai pas envie de les faire, en plus vous vous fâchez tout le temps. Du coup ça me donne encore moins envie de les faire! » Voilà voilà …

Et la notre : « Moi non plus je ne passe pas un bon moment. C’est vrai que l’on fini presque toujours fâchés. On aimerait vraiment que ça change et que l’on trouve une solution ensemble »

c – Les besoins et les envies

Si tu imagines la séance de devoirs idéale, comment tu voudrais qu’elle se passe? Qu’est ce que tu voudrais que l’on te dise? Comment tu voudrais que l’on t’accompagne? Qu’est ce qui t’aiderait à mieux vivre ce moment? Et là encore, les parents eux aussi expriment leurs besoins et leurs envies par rapport à ce temps de devoirs.

Ici ça a donné : « Moi j’aimerais ne pas faire mes devoirs tout de suite en arrivant à la maison. J’aimerais faire un goûter et un petit temps détente de télé avant. Je voudrais faire mes devoirs sur la table du salon, pas dans ma chambre. Je voudrais qu’après les devoirs on est le droit à un temps détente et pas aller manger tout de suite. Et j’aimerais que celui qui fait les devoirs avec moi ne fasse pas autre chose juste s’occuper de moi. »

Et nos envies : « Nous on apprécierait que tu nous parles correctement et calmement parce que quand on commence les devoirs tu commences à mal nous parler et à être agressive. On voudrait aussi que tu fasses tes devoirs isolée de tes sœurs parce que sinon c’est beaucoup trop bruyant et désagréable pour nous. Et on aimerait que tu fasses un effort de concentration pour que les devoirs ne durent pas 2 fois plus de temps que ce qu’ils devraient »

d – Les solutions

Les solutions découlant de tout ça ont donné naissance à une routine/un rituel des devoirs et nous avons alors décidé tous ensemble

  • De l’endroit où faire les devoirs. On se fige parfois sur « le bureau dans la chambre » mais chacun travaille différemment et pas toujours là où est notre logique. La notre a choisi la table du salon mais pour d’autres c’est le canapé, leur lit, le tapis dans l’entrée… Ça peut vous paraitre aberrent, mais si c’est ce qui débloque la situation, pourquoi ne pas les laisser faire et travailler où ils le souhaitent?…
  • Du cadre et de l’environnement. Selon l’endroit choisi, on peut aménager un vrai « coin devoir » que l’on garde toujours rangé pour avoir envie d’y aller, avec une déco qu’ils aiment (plante, cadre photo …), la lumière qu’ils souhaitent (guirlande lumineuse, bougie …), un fond sonore éventuellement (musique, bruit de nature, de pluie …). Là, même chose, vous aimez peut-être travailler au calme, mais votre enfant ou un de vos enfants est peut-être plus efficace avec un peu de bruit?…
  • Du moment et des temps. Chez nous on goûte en rentrant de l’école à pied sur le chemin de la maison et quand on rentre la « grande » fait ses 30 min d’écran réglementaires (Ici aussi, on lui a posé la question, Combien de temps raisonnable d’écran tu voudrais avant tes devoirs? Croyez moi ou pas elle avait dit seulement 10 min !). Pendant ce temps papa ou maman (selon l’horaire de travail de chacun) joue avec les plus petites (parce que oui, il faut aussi organiser tout ça en fonction des autres membres de la fratrie) et font le debrief de leur journée. Ensuite ce sont les plus petites qui regardent un dessin animé (30 min aussi) pendant que papa ou maman fait donc les devoirs avec la grande. Enfin, temps détente où chacun fait ce qu’il veut jusqu’à l’heure du repas, sans consigne, tâche ménagère, ou obligation. C’est un exemple de notre routine. Bien évidement, libre à chacun de d’abord prendre sa douche, aller jouer au parc, passer voir un(e) ami(e) pour les plus grands …
  • Des conditions. Nous nous sommes engagés à être entièrement concentrés sur elle à ce moment là et en contre partie, elle nous parle de manière respectueuse et s’occupe de prendre et ranger ses affaires avant et après ses devoirs (parce qu’avant ça elle nous demandait toujours de le faire). On ne lui dit pas dépêche toi toutes les minutes mais on se grade le droit de lui faire remarquer qu’elle se déconcentre pendant qu’elle s’engage à y mettre de la bonne volonté.
  • De faire un bilan régulièrement. On peut commencer par fixer une semaine ou 15 jours afin de tester cette routine, de voir si chacun à respecter sa part du contrat et de réfléchir à des ajustements si besoin. Et même si c’est concluant au départ les enfants et les situations évoluent alors n’hésitez pas à refaire une « réunion au sommet » dès que vous pensez que la famille en a besoin. Nous en avons fait une par exemple quand nous avons déménager puisque les conditions n’étaient pas les mêmes. Et il est évident que quand les jumelles vont commencer à avoir des devoirs aussi, il faudra re-réfléchir à tout ça!

Plus que la routine en elle-même, c’est le fait de demander leur avis aux enfants et de les impliquer dans la réflexion et le processus de décision qui peut leur faire changer d’attitude. En faisant cela, on rend l’enfant plus responsable et « maitre » de cette situation ce qui le rend normalement plus enclin à faire ses devoirs . Ne lisez pas non plus trop vite, je n’ai pas dit qu’on demandait à l’enfant s’il voulait faire ses devoirs ou pas. On lui demande ce qu’il compte faire pour que cette séance se passe le mieux possible. Donc pour ceux que les mots « maitre de la situation » auraient inquiétés quelques lignes plus haut, on est bien d’accord que dans tous les cas, l’enfant va faire ses devoirs. Et dans cet échange l’enfant ne décide pas non plus de tout et l’on est tous à l’écoute des besoins et des exigences de tous les membres de la famille.

Ici, depuis que l’on a mis en place cette routine décidée tous ensemble, les retours à la maison le soir se passent plus sereinement (en tous cas pour la grande … parce que pour ses sœurs … mais ce sera l’objet d’un autre article n’est-ce pas ?! Un plaisir à la fois ! 😀 ). Je n’ai pas non plus dit que c’était tous les soirs la méga motivation pour les faire mais franchement, on est tous beaucoup plus apaisés et solidaires face à cet horaire critique de la journée. Et au delà du débat de faire ou pas des devoirs, c’est une manière aussi de leur apprendre à travailler, à s’organiser et à réfléchir à se créer une ambiance de travail agréable et efficace. Et ça c’est pour toute la vie 😀

Cette recherche de solutions est complètement adaptable à n’importe quelle autre situation qui vous poserait problème et pour laquelle vous voudriez un changement (la routine du matin, le coucher, les repas…)

Comme je vous le disais un peu plus haut c’est un moment que personne n’aime vraiment alors chez nous on est plus dans l’idée de faire ça main dans la main en se serrant les coudes et en s’entraidant pour passer ce moment bof bof plutôt que de râler et rechigner chacun dans notre coin.

Vous avez, vous aussi, une question que vous souhaiteriez me poser, posez ici Votre Question de Parents

 

 

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